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Panique en sous sol: O rage! O désespoir!

Vendredi 16 octobre 2009 5 16 10 2009 18:53
Qu'est ce que je vous disais...

...Trop chaud, vraiment trop chaud!!

Résultat... un incendie affamé a surgit sur la ligne D cette semaine,
dévorant la haute technologie ferroviaire et embrassant les lignes électriques.

Catastrophe!

Les trains s'évaporent, l'interconnexion grille, une marée humaine brûle les planches des quais, les sardines transpirent dans les rames.

La
voix, (redevenue humaine pour cette situation exceptionnelle) informe chaudement les voyageurs.



Les pompiers ? Certes, mais c'est long, très long... Dans quelques jours, espérons que, frais et dispos du week end, nous retrouverons notre cher RER en pleine forme lundi matin
.

Que cette fin de semaine vous soit chaleureuse et ensoleillée...
Par Lili - Publié dans : Panique en sous sol: O rage! O désespoir! - Communauté : Transports urbains
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Lundi 13 avril 2009 1 13 04 2009 19:21


Vendredi dernier, j'ai remarqué par hasard que le panneau affichant fièrement la pub

animée à Charles-de-Gaulle-Etoile s'était métamorphosé en écran noir....





Il n'a pas résisté à la pression!!


                                         Big brother a perdu son oeil!!
Par Lili - Publié dans : Panique en sous sol: O rage! O désespoir! - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Mercredi 25 mars 2009 3 25 03 2009 22:20

A la station Charles de Gaulle Etoile, s'étalait sur le mur d'un couloir de correspondance entre la ligne 1 et le RER A, un magnifique écran LCD remplaçant la traditionnelle affiche de pub. La première fois, je m'interroge, ai-je rêvé? L'image s'anime!

N'ai-je pas bien digéré mon déjeuner? Qu'avait-on versé dans mon café? Suis-je prise de vertige, d'hallucinations?

Non point! Il s'agit d'un nouveau concept publicitaire ayant pour objectif de diffuser des publicités animées! Ecran LCD, la pub monte d'un cran. C'est sympa, convivial, amusant, innovant… Pub du matin, nouvelle crème de bain, pub du soir les plus belles armoires!

Ah oui?

On se croirait en partance pour l'école de Poudlard, comme Harry Potter lisant le journal illustré par des images animées.

Grâce à des capteurs de visages… face à vos yeux écarquillés, je répète: oui, des capteurs qui mesurent votre taille et en déduisent si vous êtes un enfant ou un adulte (un peu réducteur le critère de la taille, non?), ces écrans pourront mesurer l'audience d'une annonce publicitaire et même détecter quel élément de l'image a retenu votre attention.

Encore plus fort que Harry Potter, c'est Minority Report, on vous reconnaît, votre âge, votre sexe, bientôt vos goûts. En passant devant l'écran et grâce à la technologie Bluetooth, vous pouvez recevoir des bons de réduction ou des invitations à des évènements. Si vous souhaitez vous amusez, vous pouvez agiter les mains, jouer de la voix pour en modifier l'affichage.

La pub animée écran LCD est un défi technologique, les initiateurs avaient envisagé  d'enregistrer les images, notamment en cas de dégradation, ils ont renoncé… quelques craintes de la réaction de la CNIL? Ouf, on est rassuré, enfin presque car c'est possible… Comment savoir si ces écrans ne seront pas transformés en "écran espion" un jour? Pirater nos téléphones portables, manipuler nos envies, analyser notre empreinte oculaire, pister nos déplacements… Et quoi d'autre?

Liberté, libre arbitre, retenez ces mots, ils risquent de disparaître…

Angoissant?

A mon niveau, comme les cinq associations qui viennent de déposer un référé devant le tribunal de grande instance de Paris afin d'obtenir  le retrait  de ces écrans, je résiste…

Lorsque je passe devant, je l'évite, je regarde le plafond, le sol ou bien les gens, les visages…

 

Mais au fait,  si on frôle le monde de Harry Potter, qui est Voldemort?

Par Lili - Publié dans : Panique en sous sol: O rage! O désespoir! - Communauté : Métro(s)
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Mercredi 11 février 2009 3 11 02 2009 22:14


      

 

« Vous avez pris le train à quelle heure?

« Le 8h 52, j'étais à la bourre…mon fils a eu une panne de réveil, je l'ai déposé au lycée…

« Vous êtes arrivé à quelle heure à la gare?

« Je n'ai pas regardé exactement, j'ai couru, j'ai vu la rame arriver, juste à temps pour monter!

« Quand vous êtes entré dans le wagon, vous n'avez rien remarqué?

« Si, beaucoup de monde encore à cette heure-là.

« Ok, soupira le policier, ce n'est pas vraiment un scoop. Je vous demande si vous avez remarqué quelque chose d'étrange.

« Pfff, étrange, non pas vraiment, je n'ai pas fait attention, j'ai cherché rapidement une place assise.

« Vous aviez un problème ce matin?

« Non, rien de spécial, un peu fatigué, c'est tout.

« Qu'avez-vous fait après le départ du train?

« Je devais relire un rapport pour ce matin.

« Et c'était coton votre truc?

« Pas plus que d'habitude, ça m'arrive souvent de bosser dans le train!

« Alors qu'est-ce qui vous a pris?

« Mais je sais pas moi, c'est parti comme ça!

« Ah ouais comme ça, hé ben tu vois moi aussi je vais partir comme cela, lui répondit-il en lui, attrapant le col, je pourrais te foutre une raclée hein?

L'homme ne répondit pas, l'air hagard, absent, l'incompréhension illuminait son regard de chien battu.

« Alors raconte-moi…Tu le connaissais, hein?

« Mais non, je vous jure, j'l'avais jamais vu, ce type!

« Alors, explique-moi, j'aimerais comprendre, parce qu'il est un peu amoché le gars!

« ………

« Alors accouche! insista-t-il en le secouant violemment.

« Il écoutait sa musique.

« Quelle musique?

« J'sais pas moi, un truc de dingue, répondit-il en frappant sur la table en rythme : zic boum, zic boum, boum boum…

« Hé ben, t'écoutes jamais de musique toi, Monsieur est allergique peut-être …

« Mais non c'est pas ça, vous ne comprenez pas!

« Tu me prends pour un con?

« Non, j'oserais pas, je sais, je sais! Je n'aurais pas dû!! Mais j'en pouvais plus! Je pouvais pas m'entendre lire!

« Tu vas pas me dire que tes petites oreilles sont délicates au point que tu ne supportes pas la petite zizique du fin fond d'un ipod.

« C'était pas un ipod!

« Ah! Monsieur fait dans la précision technique maintenant.

« Non, vous ne compre… je veux dire, c'était son téléphone.

« Et alors quelle différence, c'est une raison pour le cogner.

« Il écoutait sa musique à fond.

« Ok, ça traverse un peu les écouteurs, mais c'est un peu démesuré ton histoire, non??

L'homme se mit à crier:

« Il écoutait sa musique sans écouteur, il faisait profiter tout le wagon. Avec leurs supers téléphones sophistiqués, on a l'impression qu'ils ont des enceintes de  dix milles watts avec eux. Et vous trouvez ça normal, vous? Vous trouvez cela respectable pour les autres voyageurs, j'en peux plus d'être agressé tous les matins par la musique. Ah! On écoute en groupe, c'est hyper convivial, super!! Alors oui j'ai pété les plombs, et je m'en fous, j'en ai marre, de ces portables à la pointe de la technologie qui nous prenne la tête dès le matin.

Soudain, le portable du policier entonna le dernier tube à la mode.

L'homme se précipita sur lui, arracha l'appareil de ses mains et avant qu'il ait pu intervenir, il balança le maudit portable par la fenêtre à travers le carreau.

« Ahhhhhhhhhhhhhhh, ça fait du bien, soupira-t-il, en se rasseyant, la mine réjouie, devant les sourcils froncés et la mine écarlate du policier.


Par Lili - Publié dans : Panique en sous sol: O rage! O désespoir! - Communauté : Transports urbains
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Jeudi 5 février 2009 4 05 02 2009 22:53

Ça y est cette fois c’est moi!

 

Le RER ce matin a joué à la procession de l'escargot, entre Gare de Lyon et Châtelet-Les-Halles, d'hésitations en hésitations, de hoquet en hoquet nous n'arrivions pas à atteindre la station suivante. La chaleur grimpait, l'atmosphère s'épaississait. La foule compacte m'étouffait, un bras me barrait la poitrine, une capuche en fourrure synthétique m'obstruait les narines, le temps s'étirait, s'éternisait, la suffocation m'atteignait sournoisement. Ma respiration, régulière jusqu'à présent, s'accélérait, les larmes se mirent à couler doucement, l'idée d'enfermement m'obstruait l'esprit, une envie irrépréhensible de sortir à l'air libre m'envahit soudainement. La noirceur du tunnel, l'immobilité de la rame et l'impossibilité d'une sortie rapide m'affolèrent brusquement. Mon souffle devint rapide haletant bruyant.

Retire ton bras, repousse cette capuche, arrête de m'écraser… écartez-vous, …. Je craque!!

 

J'ai craqué!

Ma respiration ressemblait à une machine infernale, j'allais m'écrouler…

 

Un homme a tenté un retournement de situation, ouvert la fenêtre, m'a tiré vers la petite ouverture en se glissant derrière moi et en prenant ma place au milieu du wagon. L'atmosphère grise souterraine et moite créa l'illusion d'un nouvel air frais.

Je repris mes esprits lorsque l’on s’approcha de la station Châtelet-Les-Halles.

 

Quelques minutes plus tard, la rame filant vers la prochaine station freina brutalement. Alarme ! Un voyageur soumis à un violent malaise, devait être évacué à la station Auber… Comment faire autrement après avoir été séquestré dans un tunnel pendant plus de vingt minutes?

 

Nous voilà une nouvelle fois immobilisés, enfermés, haletant soupirant transpirant… J’ai le sentiment de vivre un flash back…

Je refuse, je rejette, j’évacue, je résiste encore avec de grandes difficultés….il ne me reste plus que l’imaginaire.

 

J’imagine, le ciel, les rayons de soleil, le calme et la sérénité….

Par Lili - Publié dans : Panique en sous sol: O rage! O désespoir! - Communauté : Transports urbains
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Mardi 18 novembre 2008 2 18 11 2008 00:01
Aujourd'hui, un nouveau jour et pourtant l'histoire se répète, le quai est bondé à Charles de Gaulle Je n'ai pas pu monter dans la première rame de métro, me voici à présent sur le bord du quai, prête à sauter… non pas sur la voie… quoique, la folie pourrait me tenter… Sauter dans la prochaine…
En attendant, je me repais des affiches de pub placardées sur la paroi en face de moi. Et pour une fois cela ne me déplait pas de les admirer. Johnny Depp, sous les traits de Jack Sparow, me lance un sourire charmeur…, j'imagine, mon sourire niais. Oups, je me ressaisis!
Le train, tant attendu arrive enfin, en soulevant une énorme masse d'air malodorante, chaude, moite, caoutchouteuse, cheveux barrant le visage, poussières dans les yeux, visage grimaçant… Les épaules, les dos et les visages écrasés contre la vitre ne sont pas très engageants. Espérons que nombre de voyageurs soient prêts à descendre pour nous céder leur place. Après avoir laissé un mince espace pour la descente des passagers, nous nous engouffrons tous en même temps dans l'espace réduit, le contrôle de la situation m'échappe complètement. Je suis projetée face à la barre métallique au milieu du wagon. Un peu coincée mais malgré tout calée, les corps serrés les uns contre les autres, je plaque mon sac contre mon ventre pour limiter la tentation des pickpockets. Je sens un sac sous ma fesse gauche, un coude sous mon sein droit. Je suis encerclée par tous ces corps collés au mien, bousculée par le mouvement des autres, envahie par les souffles courts, l'haleine fétide, la transpiration immonde à vous dégoûter de la chaleur humaine. …
Cette promiscuité me répugne.
Soudain une sensation étrange frissonne en moi. Le mouvement imperceptible d'un corps au-dessus de mes reins. Un mouvement nullement synchronisé avec celui du train. Il est plus rythmé, plus régulier, plus pressant, et maintenant plus rapide. Une idée abjecte sursaute dans mon crâne, mon estomac se comprime cruellement. Certes la promiscuité de la situation engendre un contact proche voire intime avec les co-voyageurs, les mouvements deviennent incontrôlables, insignifiants sans doute.
Cette fois, le sens de ce mouvement ne m'échappe en aucune façon. Je tente de me mouvoir afin de me positionner de profil, mais la barre m'en empêche et mon épaule est coincée par cette grande femme à lunettes. Parfois une main, une épaule, touche par inadvertance des parties d'un corps. Un soir en rentrant, je n'ai pas prêté attention à ce qui était en contact avec une de mes fesses. J'imaginais une sacoche, un cabas, une mallette, puis peu à peu, j'ai réalisé que le contact d'un sac ne serait pas aussi rond et moelleux. Choquée je me tournai et levai la tête. Mais le type d'une tête de plus que moi, n'a pas bronché et a conservé son air supérieur et innocent l'air de ne pas y toucher. L'expression était adéquate. Mais comment pouvais-je savoir si c'était intentionnel ou pas?
Cette fois, aucun doute. Ce mouvement, ce frottement… J'hallucine ou bien ce corps se frotte au mien? Cet homme derrière moi frotte son bas-ventre sur mes fesses certes rebondies! J'en ai  à cet instant la certitude absolue, je sens son souffle haletant dans ma nuque. Indécent! Comment peut-on oser profiter de la situation à ce point, quel manque de respect! Un haut-le-cœur me surprend dans la gorge puis la nausée me submergea instantanément. Je ne pouvais pas bouger, c'était affreux. Prise au piège, je tentai de me déplacer, en vain. Je réussis tout de même à tourner la tête pour croiser son regard de bovin et tenter de le stopper dans ses ardeurs. Rien à faire, il ne me regardait pas, ne me voyait pas, je n'étais qu'un corps répondant à ses fantasmes. Une personne, un individu, de quoi parle-t-on? J'eus envie de hurler et me suis malgré tout contrôlée, je ne souhaitais pas faire de scandale, je voulais juste qu'il arrête qu'il s'éloigne de moi. La fuite!
Je dis poliment, trop poliment:
- Monsieur, s'il vous plaît, je vous prie de cesser vos gestes obscènes.
- Pardon, me répondit-il d'un air souriant et avenant. Innocent celui-là aussi! Il aurait pu faire comme si rien n'était intentionnel et s'excuser. Au lieu de cela, son regard confirmait son pouvoir et tentait de me rendre complice de son comportement. Cela me mit en rage. Aussi, haussant la voix, puisque, visiblement, il me prenait pour une idiote, j'ajoutai:
- Vous profitez de la situation, vous êtes un porc, c'est scandaleux.
Et puis, gentiment, en jetant un regard à la ronde afin de prendre les voyageurs à témoin, il me lança: - Je vous en prie Mademoiselle, je suis désolé de vous décevoir, vous vous trompez, vous prenez vos désirs pour des réalités.
Gonflé en plus le mec!
Par chance nous arrivions à la station, un mouvement de foule me permit de me retourner, toute mon indignation et mon dégoût se métamorphosèrent en une énergie bienvenue, je lui assenai une gifle magistrale.
- Oui, vous avez raison, la meilleure défense c'est l'attaque. Je sortis la tête haute, j'avais ma dignité, j'en avais pris plein la poire, et lui, avait la marque de mes doigts sur sa joue écarlate!

Par Lili - Publié dans : Panique en sous sol: O rage! O désespoir! - Communauté : Transports urbains
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Mardi 28 octobre 2008 2 28 10 2008 23:09

Vous connaissez le principe ?

Un enchaînement dans lequel la chute d'un élément déclenche les chutes successives d'autres éléments, à la manière de dominos positionnés les uns à côté des autres.

Maintenant à vous…

A huit heures trente du matin, prenez une rame, de métro de préférence, car les stations sont plus rapprochées, vous comprendrez pourquoi dans quelques instants. Puis sélectionnez un wagon.

Insérez à la louche des hommes et des femmes, de tout âge, des adolescents éventuellement mais surtout pas d’enfants, ils sont à l’école à cette heure-ci et vous pourriez rater votre préparation. Donc, une population entre vingt et soixante ans, une population active, « une France qui travaille », « une France qui a de la chance », comme si le travail pouvait être une chance que l’on peut croiser comme cela au petit bonheur. Mais cela est une autre histoire…

Constituez un échantillon exhaustif. Des grands, voire très grands, des petits et même très petits, des chaussures plates et talons hauts, des baskets ou bottes, des blonds, bruns, roux, des chauves et grisonnants. Ajoutez les fortes poitrines, les grands pieds, les poilus, les parfumées à outrance et les pas très propres.

Elargissez les conditions sociales de toutes origines, populaires, classes moyennes, mais attention, évitez les classes supérieures, le goût de cette opération manquerait de réalisme, ces gens-là ne prennent jamais le métro…N'oubliez pas, les costards cravates, les jeans, les tennis ou chaussures vernis, les blousons de coton ou les impers en nylon, les tailleurs ou jupes à volants, les chemises et tee-shirt.

Tous les ingrédients sont à présent réunis, vous pouvez vous lancer.

Vous êtes collé à la vitre de la porte et la rame démarre. Votre voisin, tourne inlassablement son index sur le pourtour du bouton d’ouverture de la porte et cela vous agace, il tourne et tourne, il s’ennuie, ces transports nous font faire des choses tellement idiotes ? Quel effet cela procure ? Vous fulminez, il risque de faire capoter l'expérience…

Ouf, il a cessé son manège!

Vous patientez, vous le savez, ça peut arriver à n’importe quel moment, à tout instant, mais quand ?

Vous lâchez la porte pour vous grattez l’aile du nez qui vous démange depuis quelques minutes. A présent, votre sacoche serrée fermement dans la main gauche et votre main droite déboutonnant votre manteau, devenu superflu dans cette atmosphère surchauffée, vous êtes en situation précaire…

Et soudain, le choc…

Brutal, violent déstabilisant. Le conducteur se serait-il jeté sur le frein de tout son poids? Aurait-il été surpris par un rat traversant les voies?

En pleine vitesse, environ soixante-dix kilomètres par heure, quelle est la distance de freinage? Quelle serait alors l'intensité de la force exercée sur les passagers?

Je vous confie le calcul et reviens à mes dominos…

Le mouvement du contenant c'est dire la rame, cessant brutalement, celui du contenu, les passagers, vous, nous, se poursuit malgré tout. Nos corps sont alors projetés vers l’avant du wagon dans un seul et même mouvement. L’effet domino est en marche. Les uns s’agglutinent sur les autres. Malgré nos gestes désynchronisés, les réactions de chacun sont identiques, résister à la pression, se retenir à quelque chose, à quelqu’un, mais les réflexes sont plus nuancés. Résultat, un congloméra de bras jambes pieds, des corps les uns contre les autres, les autres sur les uns, les coudes, les sacs, les mains, les cheveux s’emmêlent, s’entremêlent, s’entrechoquent, se disloquent, des cris de douleurs crépitèrent, suivis de clameurs de surprise consternée, d'indignation d’où s’échappent peu à peu quelques  murmures d’excuses.

Ensuite vient l’heure du bilan : des cœurs palpitants, des côtes brisées, des pieds écrasés, des bleus sur la peau, des pincements aux bras, des cheveux arrachés, des poignets tordus…

Les rames de la ligne 1 ont des freins très performants, paraît-il. Je confirme, une prouesse technologique! Le conducteur, en effleurant à peine la pédale, parvient à réussir ce magnifique effet domino avec deux mille personnes. Bravo!

Ligne 1, accrochez vos ceintures

Par Lili - Publié dans : Panique en sous sol: O rage! O désespoir! - Communauté : Transports urbains
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Lundi 13 octobre 2008 1 13 10 2008 00:04

Ce soir, comme d’habitude, je rentre en trombe dans la bouche de métro qui m’avale d’un coup de langue nauséabonde. Je dévale les escaliers et me précipite vers les tourniquets. J’attrape ma carte orange que j’avais sortie préalablement de mon sac.

Je l’avais glissée dans la poche de mon manteau, afin d’insérer le coupon mensuel immédiatement dans la fente de l’appareil. En trois enjambées, me voici au pied de cet impressionnant passage obligé. J’ouvre le porte-carte de plastique gris afin de retirer le ticket.

Et là, vision d’horreur ! Le coupon n’est plus là ! Oh non, c’est pas possible !

Je réfléchis à toute allure, je repasse le film, en arrière, ce matin… Je suis sûre de l’avoir remis. Comment est-ce possible, je rêve! Je fouille dans mon sac, dans la pochette extérieure où je la range d’habitude, puis dans mon sac tout entier. Je ne trouve rien, je m’énerve. Je regarde ma montre… Oh non ! J’ai rendez-vous chez le dentiste dans une toute petite heure, pas envie d’arriver en retard. Une fois de plus, je suis partie un peu plus tôt dans le but ultime et rassurant d’arriver à l’heure.

Je respire un grand coup.

Je me rassure, je vais la retrouver. Elle ne peut pas disparaître comme par magie noire, juste pour me contrarier. Elle a dû glisser dans mon sac, je vais chercher plus méticuleusement et surtout avec plus de calme. Je pose mon sac, plutôt un fourre-tout, sur l’appareil de contrôle, je sors mon porte-monnaie, mon portefeuille, mon portable, mon agenda, mon stylo, une pièce de dix centimes, un vieux ticket de cinéma, un carré de chocolat accompagnant le café de ce midi. Je suis raisonnable, je ne l’ai pas mangé, pas encore!..

Ah, je vais être en retard ! Que personne ne sorte, qui a chipé mon coupon ?

Et puis, je dois récupérer les jumeaux à la crèche après mon rendez-vous, ça va être encore la course.

Rien, j’ai fouillé partout, je n’ai rien, pas le moindre petit morceau de coin de coupon de carte orange, j’enrage ! Je réfléchis à nouveau, que s’est-il passé ?

En plus, on est le dix du mois !! Je vais devoir en racheter un, quelle plaie ! Flûte de flûte! Je sais, je devrais prendre la carte intégrale, ne plus me prendre la tête à l’acheter tout les mois et faire la queue au guichet. En cas de perte, je pourrais la remplacer sans problème. Mais voilà, obtenir un pass intégral nécessite de remplir un long formulaire retraçant toute notre vie depuis le berceau, coordonnées, âge, curriculum vitae complet, situation familiale, profession et j'en passe… Enfin tout ce qui a, bien sûr, un rapport direct et évident avec l’obtention de la carte ! Et puis, je devrais prendre le temps d’aller dans une agence commerciale à la gare de Lyon ou à Châtelet. Le matin ? Oh non, pas le temps, il faudrait que je parte beaucoup plus tôt et alors qui accompagnerait les enfants à la crèche ? Après le boulot ? Non plus. Le soir, je n‘ai qu’une envie, rentrer à la maison Et puis, si j'arrive trop tard à la crèche, j’aurais des remontrances et les regards lourds de reproches me tétanisent. Ils détestent les parents retardataires et pour se venger, ils prennent un malin plaisir à les faire culpabiliser. Votre fils - ou fille - s'impatientait, ça fait long pour un petit bout de chou comme cela... Je déteste! Oh la-la ! Que tout est compliqué.

Je respire à nouveau un grand coup, rester zen en toute circonstance, je vais la retrouver !

Je baisse la tête et jette un regard circulaire, désespéré, sur le sol, elle a pu tomber au moment où je l’ai sortie de ma poche.

Je fouille une nouvelle fois dans mes poches de manteau, il aurait pu glisser dans la doublure, non rien, elle est désespérément vide, je transpire, je m’agite, je panique, j’étouffe…

Je cherche à nouveau dans mes poches en soupirant lorsqu’une toute petite voix derrière moi me sort de cet état second dans lequel la perte de ma carte orange m’avait plongée.

-          C’est cela que vous cherchez, madame?

Surprise, je me retourne vivement et aperçois une toute petite bonne femme, très brune, les yeux en amandes, un sac plastique accroché à son bras qui me fixe avec un sourire pincé. Elle tient dans la main un petit morceau de papier cartonné orangé, rectangulaire, barré par une épaisse ligne argentée, un précieux morceau de carton, qui coûte quatre-vingt six euros et qui sera le sésame pour m’envoler immédiatement vers ma banlieue.

-          Ah, mon coupon ! Oui, merci madame, c’est le mien.

-          Il était tombé aux pieds des marches, répondit-elle en se retournant pour me montrer le lieu du crime, à cinq ou six mètres derrière moi.

 

Cette petite femme n’a sans doute pas eu conscience de l’importance de son geste. Elle m’avait sauvé la vie !!

Je le lui ai dit.

Par Lili - Publié dans : Panique en sous sol: O rage! O désespoir! - Communauté : Transports urbains
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