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Retards intempestifs, incidents techniques, foule et bousculades, portraits étonnants et situations délirantes... La vie dans les transports en commun, le regard de Lili dans le métro.
Une
nouvelle espèce a vu le jour dans l'Univers des transports en commun. Des humains rappelant l’idée que l’on peut se faire des clones, regard figé, visage tendu et impassible
s'agglutinent régulièrement devant la porte ouverte délaissant ainsi l'espace intérieur du wagon. Ils empêchent alors les autres personnes postées sur le quai qui aspirent à pénétrer dans cet
univers.
C'est une manœuvre subtile pour mystifier les nouveaux venus et faire croire que le wagon est bondé.
L'individualisme primaire à outrance engendre-t-il ce mépris, cet esprit combatif pour s'approprier l'espace ?
Les espaces entre les sièges, les allées de circulation sont occupées par des bras, des épaules, des hanches, des genoux, des
pieds. Si tu souhaites traverser ou même t'y glisser, un signe ne suffit pas, plusieurs sont essentiels, demander à plusieurs reprises pardon en haussant le ton est impératif, voire
exiger des propriétaires le retrait de leurs parties de corps pour qu'enfin ils daignent les écarter du chemin, et que tu puisses te caser enfin au milieu de la foule ou bien descendre à la
station prévue. Lorsque leur regard se porte sur toi, si c’est le cas tu as de la chance, un mépris s'affiche, leurs yeux te fusillent, comment peux-tu te trouver au même endroit qu'eux au même
moment?
L’allée n’est plus un espace pour aller… mais pour s’étaler, imposer son individualité.
Le monde aurait-il changé au point que l'on ne puisse plus vivre ensemble, le mot fraternité aurait-il perdu son sens?
Tressautement, promiscuité, gêne, fatigue, bruit... un livre ouvert dans une main, l'autre enserrant une barre métallique
usée par des milliers de paumes, je voyageais en pays RER.
- Vous n'avez rien à me dire!
La voix forte et agressive me fit sursauter. Elle appartenait à un homme de grande taille, de forte corpulence, son double
ventre dépassait de son veston en stéréo avec le double menton débordant de son col de chemise. Son regard noir l'était tout autant que ses cheveux lissés de gel gluant offrant une brillance
graisseuse. Il s'adressait à une toute petite dame qui lui répondait si faiblement que je n'entendais qu'un murmure incompréhensible laissant à peine paraître un accent assez prononcé. L'homme
lui répondit à nouveau sur le même ton:
- Vous n'êtes pas d'ici!
Nouveau murmure inaudible. Je percevais néanmoins la difficulté d'expression de la femme. Je ne connaîtrais jamais le contenu
de ses paroles mais je le devine.
La voix masculine de plus en plus forte contrastait avec celle de la femme qui, malgré la manière méprisante dont elle était
interpellée avait apparemment du répondant.
Il renchérit:
- Non! Je fais ce que je veux...
Je tendis l'oreille pour satisfaire ma curiosité d'observatrice privilégiée, en vain! Seule la voix de l'homme était
perceptible, sa colère s'assombrissait et le ton de sa voix s'engagea alors dans le registre de l'humiliation.
- La ferme! Il faudrait apprendre à parler…
- Pardon?
Cette fois-ci, je compris le mot de la femme franchement indignée à présent
- J'ai dit: la ferme! Répéta-t-il en hurlant, je n'ai pas d'ordre à recevoir de vous.
L'agressivité virulente de cet homme était-elle justifiée? La peau noire de cette femme serait-elle la cause du mépris de
l'homme en costume cravate. Son visage hautain laissait paraître des yeux globuleux et hargneux. Ses cheveux gominés tirés en arrière lui donnaient un look mafieux peu rassurant. Il serrait
nerveusement contre lui une serviette de cuir noir. De plus en plus agacé, il tournait sur lui-même en bousculant la petite femme. Cessant d'écouter ses sarcasmes et son mépris, elle refusa de
lui donner la réplique dans cette mauvaise pièce et lui tourna le dos.
Le train stationna quelques secondes supplémentaires. Il s'agitait, râlait, marmonnant dans sa barbe:
- Ah qu'est ce qu'ils foutent?
La rame resta malheureusement sourde à sa question et s'évertua à rester immobile. Il s'agitait de plus en plus, soupirant,
secouant la tête.
- Ah! C'est pas vrai, tout ça pour me faire chier!
L'arrêt de la rame serait-elle une atteinte personnelle! Je l'appellerai plutôt une récurrence.
L'attente s'éternisait, la chaleur provoquée par le stress grimpa de quelques degrés. Quant à lui, il bouillait
intérieurement, son front s'illuminait de perles de sueur. Je craignais qu'il n'explose.
Un assistant de quai, compatissant ouvrit une des fenêtres du wagon pour aérer, et alléger l'atmosphère chaude, moite et
pesante du wagon. Geste sympathique, il faut en convenir.
Quelle ne fut pas sa déception, après ce geste altruiste, de se faire insulter par notre homme.
- Non mais tu vas la fermer cette putain de porte!
Détail visuel à préciser: ce jeune homme avait la peau basanée…
L'attente se poursuivit...
- Ah je ne vais pas y arriver!! S'exclama-t-il une lueur inquiétante au fond des yeux
J'avais grande hâte que le train reparte, que cet hystérique disparaisse de mon environnement, il était carrément
flippant!
Tenace, il poursuivait confusément son soliloque, fusillant la petite femme du regard puis le jeune homme sur le quai.
La sonnerie libératoire du verrouillage des portes retentit enfin et ralentit alors son tempétueux débit jusqu'à la station
suivante où il descendit au grand bonheur de tous les passagers.
L'atmosphère opaque et l'ambiance tendue s'éventèrent enfin sous le souffle libérateur des courants d'air de la
station.
La rame m'emportait à nouveau vers ma destination dévoilant dans mon esprit une question existentielle:
Sommes-nous encore au temps d'un racisme primaire baigné de mépris et d'agressivité?
Tu mets ton réveil un peu plus tôt, quand même au cas où…
Tu es tendu, tu respires… tout ira bien, tu as bossé cette année pour le passer ce concours de l’agrégation… pour la seconde
fois.
Et puis tu avais obtenu un congé formation, cette fois ce sera la bonne…
Tu pars serein vers ton labeur, ton enjeu, ton va-tout…
Confiant tu l’es…
Tu pars de chez toi en avance, au cas où … presque une heure, tu pars tranquille sans courir sans stresser
Tu arrives à la gare… et tu montes dans le train…
Et puis c’est le drame !
Bloqué dans la rame… non c’est un cauchemar ! Tu n’es pas encore réveillé… plus de 45 minutes d’attente…
Les téléphones portables fonctionnent à plein régime, on alerte … on espère, on supplie…
L’épreuve peut être retardée…
Oui tu aurais pu avoir une voiture, mais tu n’en as plus, tombée en rade il y a six mois, pas de budget pour en racheter une, les
transports en commun à quoi servent-ils ? Tu aurais pu louer une chambre d’hôtel, trop cher et bien souvent complet, en avril c’est le début de la saison touristique. Cette année, avec le
congé de formation, les finances n’étaient pas au beau fixe et puis c’est la crise !!
Mais c'est ton problème…
Que les transports en commun ne soient pas fiables, c’est ton problème,
Tu aurais du avoir une voiture
Tu aurais du anticiper
Tu aurais du avoir plus d’argent pour une chambre d’hôtel !
Une panne dans le RER et c'est pour ta pomme…
Pourtant certaines épreuves ont déjà été retardées, annulées, reportées par exemple, en 1996, un CAPES avait été annulé à Paris
une heure après le début des épreuves, en raison d’un début de cyclone sur la Nouvelle Calédonie. Ce qu’on vit tous les jours dans les transports en commun, ce n’est pas un
cyclone ??
Soutien de Lili aux victimes des transports en commun
Parmi la foule se déversant sur le quai du métro, un homme coiffé d'un casque de mèches
blanches, palabrait avec gestes et fracas aux côtés d'un jeune garçon d'environ six ou sept ans. L'enfant, l'œil admiratif écoutait bouche bée son grand-père. Vacances scolaires obligent, les
papys et mamys sortent comme les primevères aux premiers beaux jours…
Arrivés à ma hauteur, quelques phrases m'atteignirent…
Alors tu vois… une dame ou bien un monsieur se tenait à chaque bout du quai, tu devais leur donner ton ticket qu'ils poinçonnaient…
Il ne m'en fallut pas plus pour comprendre!… Papi avait rencontré Lili dans le métro et ému par sonFlash back, n'avait pu s'empêcher de narrer à son petit-fils cette anecdote surgie brutalement
de sa mémoire.
Définition :
A un phénomène aléatoire donné est lié un certain nombre de possibilités, les différentes réalisations possibles correspondant au phénomène aléatoire, une, seulement de ces possibilités, sera
réalisée. L'ensemble de ces possibilités est l'univers des possibles U.
Un voyageur de banlieue, que l'on nommera Pierre, effectue un trajet de vingt kilomètres vers Paris. La gare de son départ se situe à Boussy-Saint-Antoine, RER Ligne D, et sa destination est
Paris-Gare de Lyon.
1° Sachant que le train roule en moyenne à quatre-vingts kilomètres par heure, calculer le temps nécessaire à Pierre pour voyager dans des conditions optimales.
2° Dans les conditions de trafic lors des heures de pointe, calculer la probabilité p d'un retard de ce train de plus de cinq minutes.
3° Selon vos réponses précédentes et en vous reportant au tableau des horaires des trains en annexe, calculez l'heure à laquelle doit partir Pierre de Boussy-Saint-Antoine afin d'être à son bureau
à huit heures trente précises.
4° Evaluer la probabilité de Pierre de péter les plombs au bout de dix ans de ce traitement.
Longeant le couloir gris orangé du RER, dont les murs placardés d'affiches de publicité me font penser parfois
à ceux d'une chambre d'ados, je réfléchissais à mon avenir… mon avenir proche, tout proche… le week-end.
Qu'allais je faire? Des tas de choses très sympas, culturelles, sportives…
Inviter des amis et passer une soirée conviviale…
Ne rien faire, flemmarder?
Confrontant ces questions existentielles, je posai alors mon pied sur la première marche de l'escalator et une
vue magnifique s'offrit à moi, une vue plongeante sur trois personnes. Figées sur une marche malgré une mobilité réelle, elles s'enfonçaient progressivement vers les profondeurs des tunnels du
RER. Un petit détail attira mon attention vigilante. Dans un mouvement de similarité quasi parfaite, elles tenaient toutes à la main un journal gratuit et parcouraient scrupuleusement une page
identique.
Effet comique de répétition?
La page de l'horoscope apparaissait trois fois successivement!
Que nous réserve l'avenir ? Vaste question essentielle et effrayante. Nous avons tous envie de savoir. Savoir,
oui, mais pas trop, juste avoir une petite idée, juste assez pour faire fleurir notre imagination et construire notre propre avenir.
Bon sang, voilà une aide précieuse à ma portée, je me précipitai vers la personne la plus proche de moi…et
haletante lui demandai Je peux? En lorgnant sur un des signes.
Eberluée, la jeune femme ne put refuser.
Le dialogue avec votre partenaire s'avèrera indispensable. Ce sera le
moment d'éclaircir certains malentendus. Ce sera la solution pour alléger votre relation!
Votre organisme réclame davantage d'attentions. Buvez de l'eau, des tisanes dépuratives et prenez soin de vous!
Hum ! Prise de tête en perspective et énergie réduite à néant sous la couette ! Oh non! Un week end
pourri!
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