:
Retards intempestifs, incidents techniques, foule et bousculades, portraits étonnants et situations délirantes... La vie dans les transports en commun, le regard de Lili dans le métro.
Tous ! Oui tous les voyageurs ... on s'est fait piéger!
Une chaleur étouffante m'a prit à la gorge ce soir en pénétrant dans la rame
Les peaux luisaient, transpiraient, dégoulinaient, les visages soufflaient, rougissaient, les pieds gonflaient...Pourtant j'aurais du m'en douter. Hier un éventail avait surgit dans une main
féminine, une paire de sandalettes avait soudain chaussé deux pieds, un débardeur à bretelle avait moulé un buste généreux.
Drôle d’apparition me suis-je dit.
La chaleur était intenable…Moi avec mes bottines et mon gilet de laine, j’ai pensé très fort au réchauffement de la
planète !
Depuis quelques temps sur la ligne 1, une nouvelle
apparition se propage se long de la voie. Chaque soir, en descendant les marches qui mènent au quai du métro, j’aperçois une façade vitrée progressant peu à peu au bord du quai, elle
grignote du terrain, gangrène l’espace tel un liseron envahissant, se métamorphosant en une barricade.
Se barricader contre quoi ?
Eviter aux voyageurs de se jeter sur les rails par désespoir ?
Non, voyons en voici de vilaines idées noires ! C’est plutôt dans l’optique d’installer enfin une ligne de métro moderne ! Une ligne automatique sans un
seul conducteur qui pourrait avoir des défaillances humaines. Une ligne entièrement automatique, entièrement inhumaine.
J’envie les nouveaux conducteurs qui pourront enfin aller se promener au soleil en reléguant les sombres tunnels dans les méandres de leurs souvenirs !
Pour les voyageurs, pas question de forcer le passage au risque de se faire couper en deux par les portes automatiques comme celles, violentes de la ligne 14. Moins
de gens tenteraient de monter, le cauchemar des rames bondées serait-il terminé ? Pas sûr ! Mais peut-être place aux nouveaux quais bondés. Mais que l’on se rassure, la foule agglutinée
le long du quai ne risquerait plus de plonger dans le gouffre des rails. Ouf ! Ces barricades nous protégeront, pour notre sécurité…
Chaque matin, les voyageurs en direction de La Défense s’amasseront de plus en plus sur le quai et finiraient écrasés contre la vitre de protection.
Et si on réinstallait les portillons à l’entrée des quais pour interdire aux usagers pressés de sauter sur le quai ?
Depuis le début de la semaine, un étrange phénomène
se produit dans les transports en commun.
Que se passe-t-il donc?
Les espaces s'éclaircissent, les rames se vident, les quais se dépeuplent, les trains roulent à vitesse normale et arrivent à l'heure, l'ambiance tendance agressive
s'apaise. Même les voyageurs encore présents se métamorphosent. En dehors de quelques irréductibles, ils ont abandonné le costume cravate et chaussures vernis, le tailleur et les talons
hauts. Ils ont adopté la jupette à volant, le short ou pantacourt, les baskets et la casquette. J'ai remarqué également l'augmentation indéniable de la population enfantine engendrant une
ambiance familiale. Quant aux groupes d'adolescents rieurs, ils ajoutent une atmosphère sympathique.
Tous marchent le nez en l'air, ne savent plus où ils se rendent et consultent un plan de métro.
Quel changement soudain!
Les voyageurs boycottent-ils les transports en commun? Désertion, exode, migration?
Non! Les parisiens sont juste partis en vacances et ont été remplacés par des touristes eux aussi en transhumance.
Je me rassurais en me disant que les vacances ne dureraient pas…
En attendant, je soigne ma solitude en savourant le privilège de voyager dans des transports fluides, et aérés…
Enfin! Je les ai rencontrés les amoureux du siècle dernier....ringards?
Pas sûr...
Les regards attendrissants des voyageurs qui déambulaient sur le quai prouvent plustôt le contraire. Nostalgie des sentiments? Je préfère ceux là, plutôt que Les amoureux du XXIème siècle
Je vais finir par
croire que je vis dans un conte de fées !
Après avoir rencontré Dormeur dans le RER de retour vers son home-sweet home,
HéOh, HéOh…on rentre du boulot !
Voici un nouveau pote de Blanche neige …
HéOh, HéOh…on repart au boulot !
Reniflements réguliers, incessants, agaçants, crispants, voici Atchoum !…Je me disais qu’il finirait bien par se
moucher…En vain…
Alors, en lui offrant mon plus joli sourire je lui tendis délicatement un mouchoir en papier. Tout d’abord interloqué, voire
indigné que je puisse me mêler de sa vie intime, son regard se métamorphosa subitement, je sentis ses narines vibrer, ses yeux papillonner, il m’arracha précipitamment le
mouchoir que j’avais encore dans la main… il était temps !
Dans la série j'élargis mon espace
vital, ce personnage assis sur un siège dans le RER, direction la banlieue, était déjà pavenu à poser son genou, sur le siège voisin, sa saccoche
empiétait également sur le dossier.
Malheureusement, la foule se tassant peu à peu dans le wagon, ne permettait pas de prendre ses aises, il devrait se montrer un peu plus généreux! Malgré son regard noir, sa mauvaise volonté à
déplacer ce membre génant, son soupir à peine dissimulé, je pris enfin place sur le siège, m'installai confortablement, quoique un peu à l'étroit, et ouvris mon livre du moment, un pavé de
plus 1000 pages! Ce cher monsieur, avait décidé de ne pas tenir compte de ma présence et peu à peu entama un profond roupillon qui lui alourdissait le crâne au point defrôler mon épaule, lorgner sur mon décolleté, tenter de déchiffrer les lignes minuscules des pages du livre... En vain puisque ses yeux demeuraient fermés!
Sensation désagréable, agaçante, crispante. Hé Dormeur je ne suis pas Blanche neige!
Je tentais quelques mouvements afin de le sortir de sa torpeur, farfouillais dans mon sac, sortais un carnet ou un stylo... Dans un sursaut, il se redressait légèrement, mais ce ne fut que de
fausses joies, sa lourde tête retombait inexorablement.
Je choisis alors l'option grands moyens, je me mis à tousser fortement dans sa direction... à renifler, la chaleur aidant en ce mois de juillet, des gouttes de sueur perlaient sur mon
front, je présentais alors tous les symptômes du H1N1, histoire de lui faire comprendre que cette forte promixuité pouvait être nocive! Qui s'y frotte s'y pique!
Derniers Commentaires