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Histoire de lire

Samedi 6 juin 2009


C'est un Voyage au bout de la nuit, Au temps des amours...Bonjour tristesse! Et pourtant que d'histoires extraordinaires, de notre Condition humaine égrenant Les raisins de la colère, plongeant dans Le Rouge et le noir. Nous observons L'écume des jours En attendant Godot. La peste soit de La Leçon, qui cependant nous offrait Les mots, comme L'Emile ou de l'éducation, nous offrait les idées. L'Etranger, Fils de personne demeurait Un incompris. La Nausée disparaissait avec l'insoutenable légèreté de l'être se confrontant avec L'Etre et le Néant.

 

Par Lili
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Mercredi 4 mars 2009

J’ai trouvé une nouvelle astuce pour oublier mon passage quotidien par les transports en commun : organiser un voyage.

Un vrai !

Celui qui nous enthousiasme, nous ravit, nous emporte, nous emmène découvrir le monde, l’Autre…..

Pour l’instant dans mon wagon de RER, je lis Théorie du voyage (poétique de la géographie) de Michel Onfray… un petit texte de 125 pages à savourer… sur le bout des pages.

Avant le voyage, on imagine, on scrute le planisphère, on rêve de paysages, on envisage des rencontres. Et puis un lieu nous appelle plus fortement qu’un autre et alors on prend une décision, on choisit une destination, on voyage déjà. On lit des guides, on cherche des sites sur la toile, on prépare le matériel, on prévoit des vaccins, on ouvre sa valise, on est déjà parti… c’est déjà le bonheur…

Partir avec… c’est partager, l’important  est de bien choisir son ou ses co-voyageurs.

Pendant, on est dans l’action, on ne pense plus à sa vie, notre esprit est ouvert au monde, on s’en délecte, on s’empiffre, on accumule des réserves.

Au retour, on en  parle encore, on s’extasie devant les images, on se raconte des souvenirs… qui nous accompagneront encore un peu dans les transports en commun les semaines de la rentrée.

Jusqu’au prochain…

 

Par Lili
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Mardi 3 février 2009

Un heureux hasard m’a fait découvrir un auteur et un livre.

Ainsi donc, j’ai embarqué dans mon sac "Monsieur le directeur" avec la ferme intention de le dévorer dans mon RER préféré, non pas le directeur…, quoique le mot directeur peut parfois raviver de mauvais souvenirs… Enfin, dans le cas  qui nous intéresse, il s’agit de  pages, de mots de phrases à déguster.

 

J’ai lu avec plaisir cette petite histoire narrée par Carine Beaufils* d’une écriture agréable, simple, mais pas simpliste. Elle suggère par petite touche, un peu comme devant un tableau impressionniste, le nez sur les touches de couleur nous empêche d’apprécier le tableau, ce n'est qu'en refermant le livre, en prenant de la distance que l'on apprécie la vision d'ensemble.

Un personnage de père très touchant, humain, ses qualités contrebalançant ses défauts et vice versa. Le regard d'une enfant, observant la vie de son père, apprenant à vivre la sienne, elle constate sans réellement analyser les situations ni les comportements, plus tard seulement elle comprend.

Le thème du travail dans notre société mériterait d'écrire des pages. La pression, le rendement, la façade que l’on doit maintenir, la fierté de sa responsabilité que l’entreprise offre… et puis quoi ? Une petite voix s’élève au fond de soi… Chut !… Est-ce moi est ce bien moi dans les habits de ce directeur ? Est-ce bien moi celui ou celle que les grands chefs attendent. Est-ce bien moi qui ait oublié qui j’étais? Chut ! On fait taire la petite voix, on la colmate, on la séquestre, on la bâillonne, on la noie dans l’alcool, dans le repli sur soi, dans la colère, dans la dépression…

 

Toujours plus est demandé, toujours plus tu donneras, épanouissement tu oublieras, sous le rouleau compresseur tu passeras.

 

Envie de dire NON tu auras, le mot OUI à toi tu entendras, le mot NON tu écriras……

 

* Carine Beaufils : Monsieur le Directeur. Editions Stock 2008

Par Lili
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Samedi 27 septembre 2008

J'étais à Berlin en très mauvaise compagnie, Hitler en personne! En revanche, je découvrais également la part de l'autre, en côtoyant Adolf, l'autre, celui qui dans l'imagination de E. Schmitt [1] avait réussi le concours des beaux arts. La vie parallèle de ces deux personnages issus d'une personne identique, me donnait le vertige, découvrant l'horreur, la passion du pouvoir. Cette ténacité et cette volonté, poursuivant un but ultime sans aucun questionnement sur lui-même, était effrayant. La part de l'autre issue d'une autre expérience, d'un détail, d'un choix, d'un évènement conditionnant tout le tracé d'une vie… cela mérite réflexion… Déstabilisant. Les questions sur ma vie m'assaillent comme des jets de pierre lancés à toute volée…

 

-          Madame s'il vous plait?

Je lève la tête. Une femme d'une quarantaine d'années, les cheveux grisonnant rassemblés en une queue de cheval qui courrait sur ses épaules me regardait de ses grands yeux verts.

-          Oui?

-          Je vois que vous lisez La part de l'autre, vous pouvez me dire, ce que vous en pensez?

Une première fois!

Oui! La première fois qu'un co-voyageur me demande ce que je pense d'un livre. C'était inouï! Enfin! Je trouvais cela génial. J'avais tellement de choses à en dire…

-          Et bien…En fait… c'est un livre… heu, étonnant…

Je me suis sentie un peu idiote, à bafouiller de surprise. La stupéfaction m'avait cloué la langue.

-          Enfin, je veux dire… déstabilisant même…mais très intéressant…Et vous-même?

-          Fascinant, oui…

Nous avons échangé quelques mots, quelques impressions en un temps record, la station à laquelle je descendais se présenta si rapidement.

Je ne connais ni son nom, ni son histoire, je ne connais rien de sa vie, je ne connais rien d'elle et pourtant un échange s'est produit, un échange humain, décoloré de tous les vernis sociaux…



[1]  La part de l’autre E. E. Schmitt

Par Lili
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Jeudi 24 juillet 2008

Roman, nouvelles, essais, policiers, revues, journaux, Science Fiction, magazines, journaux gratuits, récits fantastiques, littérature classique, documentaires, analyse financière, informatique, philosophie …Où peut-on trouver des documents aussi éclectiques?

Le métro, une des plus grandes bibliothèques!

Je ne dépareille pas de mes co-voyageurs, le wagon se métamorphose chaque jour en une immense salle de lecture. N'est-ce pas fascinant ce nombre incroyable de lectures dévorées dans le RER?

Cependant, les yeux rivés sur les pages de mon livre, je ne peux m’empêcher de savourer une curiosité intéressée. Mais que lisent-ils?

Je m’attarde sur les titres de romans. Certains me parlent, je les connais, les ai lus, appréciés ou dédaignés, d’autres, inconnus, m’inspirent, excitent ma curiosité. Je brûle de leur tapoter sur l’épaule en les questionnant, aiment-ils ce roman, est-ce un bon livre, est-il bien écrit, passionnant, agréable à lire, lecture facile ou complexe, le conseillerez-vous à un ami ?

Je m'amuse en m'imaginant bibliothécaire de la TGB, oui, la Très Très Grande Bibliothèque, bibliothécaire des transports. Les gros pavés, les romans fleuves, les polars, les best-sellers, des livres partout…

Parfois deux Harry Potter se rencontrent ou bien deux Ensemble c’est tout, ou deux Harlan Coben, après un léger embarras, s’installe un regard complice, amusé, puis on regarde discrètement l’épaisseur des pages lues, vient-elle de commencer l’ouvrage, sait-il déjà que Harry en pince pour Cho? A-t-elle compris pourquoi Camille ne veut plus dessiner ?

Mais voilà c’est une bibliothèque morte toutes ces questions restent intérieures, personne ne se parle, n’échange d'avis sur ses propres lectures. N’est-ce pas dommage ?

On pourrait se donner des tuyaux, partager des émotions, le plaisir de lire, échanger avec des personnes que l’on ne fréquente pas d'habitude, échanger uniquement à propos d'un livre sans tenir compte du curriculum vitae du lecteur, sans savoir d’où elle vient, où il va, juste recueillir ses émotions, son ressenti par rapport au livre, un vaste micro trottoir non médiatique sincère et spontané, quelles perspectives fabuleuses!

J'observe les lecteurs concentrés, la bouche pincée, les sourcils froncés, le regard sautillant de mots en mots ou bien le sourire retenu effleurant à peine leurs lèvres, ou encore les yeux mi-clos, voire fermés, lorsque le livre glisse légèrement de leur main.

Curiosité indéniable, Curiosité gratuite, je le reconnais.

J'utilise quelques subterfuges pour la satisfaire. Lire à l'envers, refaire mon lacet, farfouiller dans mon sac à mes pieds ou bien me déplacer me permet de parvenir à mes fins. Je croise vigoureusement les doigts, espérant que le propriétaire, avant de descendre à la station prévue, refermera l'ouvrage dont la couverture me dévoilera enfin son secret. Malgré tous mes efforts, une étrange frustration m'envahit lorsque, mes tentatives discrètes demeurant vaines, le titre conserve son mystère.

Cette fois, je ne sais pas, je n’ai pas vu et ne saurais jamais ce que la personne lisait.

Aurais-je pu lui poser la question, aurais-je osé?

Ne serait-ce pas étrange ? Déconcertante pour la personne interrogée ?

C'est pour ma collection, justifierais-je…

 

Le butin d’aujourd’hui est conséquent:

Mozart de Christian Jacq

Le Monde

Le Parisien

Moi Christiane F. droguée, prostituée

Les années d’espoir

Enjeu pour un développement européen

La règle de quatre

La vie des insectes

L’aliéniste  Caleb Carr

Faux rebond  Harlan Coben

Cloner le christ

Ensemble c’est tout

Le prince de sang mêlé

Qu’apprend-on à la maternelle ?

La dernière récolte John Grisham                                                               

Le plus beau des mensonges ( Belva Plain)

 

C’est fini pour ce soir, je range mon carnet et je descends du wagon en sautant sur le quai éclatant de pluie, les giboulées de mars arrivent enfin en mai.

Mon sac sur le dos, je dévale les escaliers pour emprunter le passage souterrain qui permet de traverser la voie et d'atteindre la rue dans laquelle se trouve l'arrêt de bus. Juste devant moi, j’aperçois alors une femme perchée sur les talons de ses bottines vernies, qui trottine en petites foulées le long du couloir souterrain. Mon regard est inexorablement attiré par ses longues jambes que l’on aperçoit émergeant de son imperméable. Ces motifs bariolés aux couleurs si vives m'intriguent. Est-ce un pantalon ? Un  collant plutôt, je m’approche subrepticement et lorsqu’elle monte les marches qui nous séparent de la rue, je reconnais les motifs sur son collant. Une bande dessinée est imprimée sur le tissu, ses dessins, ses bulles, tout y est.

D'une manière plus originale, elle aussi, emporte de la lecture dans le RER. Très judicieux en cas de panne de bouquin!

Je sors à nouveau mon carnet et ajoute avec application mon dernier trophée de la journée: BD sur  collant

Par Lili
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