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J'te raconte pas!

Dimanche 22 novembre 2009 7 22 11 2009 00:04





Ambiance de l'instant…

Attente du train de 18h40, je m'assoie, non, je m'adosse, heu… non plus… Quel mot conviendrait au mouvement du postérieur entrant en contact avec les fameux mobiliers urbains, les assis debout, lorsque l'on patiente sur le quai?… Quelques suggestions peut-être?…

 




Enfin, inconfortablement installée, je sors de mon sac une revue professionnelle, puis deux jeunes garçons se postent près de moi et poursuivent leur conversation:

 

- Je reçois 100 kg d'Afghan et 100 kg de marocain.

 

Je rêve ou j'ai bien entendu? Intriguée, curieuse, je tends l'oreille.


- Et personne ne sait que tu les fous sous les palettes?

 

 

Ah oui. Je vois. Peuvent-il vraiment parler librement ainsi sur un quai de gare de RER?

 

- Attends! A Rungis, ils les mettent dans les fruits et légumes.

 

Incroyable!

 

- Faudra s'occuper du contenu web.

 

Ah sur le web aussi! Qu'est ce que c'est que cette histoire de fou?

 

- Tu veux que je te donne la mise en page?

- Ah, tu connais la charte graphique?

 

Soudain, même si leur ton demeurait identique, leur discours avait changé, les mots faisaient écho à ma lecture… Sensation étrange… Avec stupeur, je me rendis compte qu'ils utilisaient les mots inscrits sur la revue!! Coïcidence? Lisaient-ils par dessus mon épaule?

 

S'amusaient-ils à jouer les Keyzer Soze

 

Suspects ces deux types? Peut-être, ou pas, en tout cas peu Usual ...

Par Lili - Publié dans : J'te raconte pas! - Communauté : Transports urbains
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Jeudi 4 juin 2009 4 04 06 2009 23:43

 

  Deux copines se retrouvent un jeudi matin sur le quai anthracite, moucheté de vieux chewing-gum desséchés, de la gare du RER. Après les quelques politesses d’usage et une bise claquante, elles se donnent des nouvelles de leur famille respectives, essentiellement de leurs enfants promus adolescents lycéens cette année.

Ces conversations, assez banales somme toute, n’attirent pas mon attention déjà captée par un thriller…tueur de tueurs en série… vous voyez le genre…

Et  pourtant, ce tueur était beaucoup moins drôle que l’aventure lycéenne qu’elles commentaient…Mes yeux choisirent le vague, mes oreilles une attention curieuse.

 

 

 

- A la cantine, oui Julia m’en a parlé mardi soir… Bonjour l’hygiène…Tu te rends compte,     une queue de rat dans la salade !

- Ils ont eu l’obligation de jeter toutes les assiettes de salade déjà préparées et d’éliminer toutes les autres.

- Tu penses, le lycée ne pouvait pas prendre le risque d’une contamination… imagine si un enfant tombe malade.

- Ils devaient prendre toutes les précautions. Mais ça a eu l’effet d’une bombe… le personnel de service était complètement retourné, il paraît que la cuisinière était au bord des larmes, impossible de s’expliquer comment cette queue de rat était arrivée là. Il parait qu’elle répétait que c’était impossible, tout avait été scrupuleusement respecté, elle culpabilisait à mort !

- C’est incroyable cette histoire, de nos jours, c’est vraiment étrange, mais bon on ne s’étonne plus de rien…. Oh regarde, Sophie qui arrive…

- Salut les filles, alors le sujet du jour ?

- T’es au courant de la queue de rat à la cantine, Thomas t’en a parlé ?

- Ah pour ça oui !! Quel remue-ménage, le lycée a mené son enquête depuis mardi, figure-toi qu’un jeune avait conservé la queue du rat qu’il avait disséqué le matin en SVT et pour faire une très bonne blague à une copine, lui a déposé cette nouvelle garniture dans son assiette juste avant de s’installer à table !

 

 

Je pouffai de rire !

Le gamin n’avait sans doute pas imaginé un instant l’implication de son geste…et ses conséquences. J'imaginais quant à moi la mine déconfite de la copine mais aussi la sienne quand il s'est rendu compte des proportions que prennait la plaisanterie.

Enfin, le personnel de service était certainement soulagé, aucun doute ne subsistait et justice était rendue.

Par Lili - Publié dans : J'te raconte pas! - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Jeudi 28 mai 2009 4 28 05 2009 00:11

Ce soir, en sortant de la gare, après avoir baigné dans l'air parisien toute la journée, je respirai l'atmosphère légère de la banlieue. Le ciel était clair d'une teinte encore fraîche pour un printemps tardif.

Longeant le muret, surmonté du grillage délimitant la ligne de train, j'emboîtais le pas d'un jeune homme marchant devant moi sur le trottoir. Le jean aux extrémités effilochées tombait sur son maigre postérieur, le portable en main collé à l'oreille, il marchait d'un bon pas. De sa conversation avec son interlocuteur muet pour moi, je devinais qu'il parlait de femme (s). La rue était longue et par un hasard satisfaisant ma curiosité, je prenais le même chemin. Sur un ton empli de fierté, il narra de façon plus détaillée une situation vécue la veille, une tentative de séduction féminine, provocante, troublante…fantasmée?...

Le silencieux correspondant le fit taire pendant quelques minutes. Entendant le début de sa réponse, j'en déduisis qu'on lui demandait des nouvelles d'une autre fille avec qui il entretenait une relation:

- Il est question qu'elle parte à la fac de Montpellier. Ce sera l'occasion… je vais lui dire qu'on peut pas continuer à distance pendant un an…

Il tourna au coin de la rue et sa voix se mêla au murmure ronflant des voitures …

 

Par Lili - Publié dans : J'te raconte pas! - Communauté : Transports urbains
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Dimanche 17 mai 2009 7 17 05 2009 23:06

A la station Auber, trois collègues sortant du bureau pénètrent dans la rame, poursuivant bruyamment leur conversation commencée quelques minutes plus tôt sur le quai

- C'est comme moi, confirma la petite brunette, en rentrant ce week-end, j'avais fais une machine de linge, Marc me propose gentiment d'étendre le linge, j'étais contente, tu penses, un petit geste sympa. Quelques minutes plus tard, j'avais compris que l'idée sous-jacente était plutôt que j'aille faire le repas car Môssieur avait faim.

Une grande fille aux lunettes épaisses l'interrompit en lui posant la main sur le bras.

- Reconnais tout de même, qu'il avait l'intention de te donner un petit coup de main.

- Certes, mais cela relativise le petit geste sympa…Surtout qu'après le dîner, en entrant dans la buanderie j'ai pris conscience qu'il ne connaissait pas la définition du mot étendre!

La troisième comparse, aux yeux rieurs questionna d'une petite voix nasillarde:

- Comment cela?

- Les tee-shirts accrochés par une épingle à linge pendaient par une seule épaule, les chaussettes étaient les unes sur les autres et les culottes en boule sur les barres du  séchoir, je n'en croyais pas mes yeux!

- Et voilà, ils sont tous pareils, s'exclama la binoclarde, ils proposent leur aide, c'est gentil mais alors il faut tout refaire par derrière!!

La petite voix nasillarde émis alors une supposition

- Vous ne croyez pas que c'est une manière judicieuse de se défiler?

Aux regards interrogateurs de ses co-voyageuses, elle poursuivit:

- Lorsqu'il nous propose leur aide, nous la déclinons pour éviter la déception de refaire les choses derrière eux. Alors ils te répondent avec leur regard tendre et calculateur "comme tu veux ma chérie", ils tournent les talons et allument la télé, l'ordinateur ou bien ouvrent le journal, un magazine auto ou sportif...

Un grand classique des stéréotypes?

 

Par Lili - Publié dans : J'te raconte pas! - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Samedi 1 novembre 2008 6 01 11 2008 17:34

-          Alors, tu as vu la maîtresse de ton fils hier ?

La jeune femme interrogée portait un jean noir délavé rehaussé d'une ceinture piquée de losanges métalliques et un débardeur gris et blanc sous une veste anthracite. Un petit foulard blanc masquait à peine son décolleté. Jolie fille…Elle s'assit coquettement en posant son sac à main sur ses genoux avant de lui répondre.

-          Oui, ça y est, j’ai eu l’explication. Parce que le mot dans le carnet de correspondance était plutôt inquiétant !

 Son interlocutrice, tira sur sa jupe de toile avant de s'asseoir en face. Ses yeux très maquillés masqués par des lunettes à large monture, s'arrondirent de curiosité.

-          Ah bon !

-          Imagine ! L’instit avait écrit  "Suite au comportement inacceptable de votre fils, je vous prie de bien vouloir me rencontrer demain après la classe".

-          Oui, je comprends, vraiment flippant. Tu es allée la voir seule ?

-          Oui, je suis partie plus tôt pour la voir à quatre heures et demie, Rémi ne pouvait se libérer.

-          Que t’a-t-elle raconté ?

-          Elle m’a informé, ce sont ses termes, que Maxime faisait de l’exhibitionnisme dans la cour !

Cette fois je tends l’oreille, je suis curieuse de connaître la définition de l’exhibitionnisme pour un enfant de l’école élémentaire.

-          C’est pas vrai !

-          Je te promets! Elle m’a affirmé que, lui-même et un de ses camarades, avaient baissé leur pantalon.

Ah tout de même !

-          Maxime était avec toi ?

-          Oui au début, mais après elle lui a dit d’aller jouer dans la cour avec les enfants qui restaient à l’étude.

-          Et que lui as-tu répondu ?

-          J’étais vraiment très surprise, je connais Maxime, il est plutôt pudique maintenant. A huit ans, il ne veut pas qu’on entre dans la salle de bain lorsqu’il prend sa douche. Alors je lui ai demandé de me fournir quelques précisions, je souhaitais qu’elle me raconte la scène en détails.

-          Et alors?

-          Il a baissé son pantalon, certes, mais pas son slip !

Ouf ! La voilà rassurée.

Cela relativise le mot exhibitionnisme qui me semblait légèrement exagéré. D’après la manière dont elle m’avait présenté les choses, je pouvais penser, qu’il s’était réellement retrouvé les fesses à l’air.

-          Tu lui as fait la remarque ?

-          Non, j’ai simplement souri, l’air tellement soulagé qu’elle l’a noté instantanément et m’a tout de même mise en garde, que c‘était la porte ouverte, que je devais lui en parler, lui expliquer, qu’elle l’avait déjà fait mais que les adultes devaient avoir le même discours, et patati et patata. Je n’ai pas insisté, elle avait l’air si convaincue. J’ai écouté patiemment sa leçon de morale, sur le respect des autres qui risquaient d’être choqués et sur le respect de soi-même dont Maxime devait prendre conscience. J’imaginais mon fils face à un jury d’enseignants lui faisant la morale. Alors moi aussi, j’ai répondu oui Madame, comme on le fait à l’école, je trouvais qu’elle en faisait un peu trop !

-          Tu en as parlé avec Maxime?

-          Oui, bien sûr, mais je lui ai demandé d’abord de me raconter ce qui s’était passé. J’étais curieuse d’avoir sa version de l’histoire, devenue LE fait divers de l’école.

-          Alors, raconte !

-          Sa version était bien différente de celle de sa maîtresse, et dans ce cas, je suis enclin à croire mon fils. Cela prouve que lorsqu’on perçoit uniquement les extraits d’une scène, des morceaux même pas choisis, l’interprétation  engendre une autre histoire et par conséquent un jugement erroné.

-          Allez, vas-y, tu me fais languir.

-          Maxime m’a confirmé qu’il avait effectivement baissé son pantalon. Et je lui ai demandé pourquoi. Tu sais ce qu’il m’a répondu ?

-          Bah non, dis-moi.

-          Il m’a annoncé sur un ton magistral : Mais Maman, on jouait aux racailles ! Alors devant mon air ahuri, il a ajouté j’avais besoin de baisser mon pantalon pour qu’on voit mon slip et que ça fasse long là, m’a-t-il expliqué en montrant son entrejambe !

Par Lili - Publié dans : J'te raconte pas! - Communauté : Transports urbains
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Dimanche 21 septembre 2008 7 21 09 2008 23:35

 

 

 

"Pourtant je suis au courant des facturations et tout…"

 

 

TchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzz

"Je vends, j’achète un appart, j’y habite, je finance la construction avec le reste plus un prêt et quand elle est prête j’emménage et puis je loue l’appart dont le loyer me financera les remboursements du prêt !..."

TchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzz

"Il a besoin de se sentir aimé. Si, si, il a besoin d’une relation hyper fusionnelle pour avoir confiance en lui..."

TchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzz

 "Ouais, c’est une belle brune, mais il peut se taper qui il veut, je m’en fous ! Enfin c’est mieux que les rencontres avec Khadafi !!..."

TchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzz

"Avec son prof principal, c’était vraiment différent, je lui ai expliqué un peu notre situation, elle était pas au courant. Et puis avec Lucie on a eu quelques conflits, c’est pas facile…"

TchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzz

"Attends un peu que j'arrive, j'vais lui en mettre une …"

TchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzz

"Tu fais un cahier des charges et basta !..."

TchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzz

"Quand tu vois le prix de l’essence !...

TchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzz

"C’est pour leur avenir que l’on s’inquiète, l'école, le collège, le lycée, OK, mais après ?..."

TchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzz

"Allez mais descendez !..."

TchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzz





"Comme ça semble long les trajets !..."

TchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzz

"Il a enfermé notre femme de ménage dans l’appart quand il est parti au boulot!  Et bien sûr il n’avait pas de portable et moi j’étais une réunion. Elle a réussi à me joindre à 16h, elle était en pétard, elle attendait depuis midi !..."

TchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzzTchzz
"Quand ma collègue prenait ses RTT, je faisais des heures sup!..."



Par Lili - Publié dans : J'te raconte pas! - Communauté : Transports urbains
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Dimanche 14 septembre 2008 7 14 09 2008 23:33

Quai 2bis, 8h25

 

-          Tiens Christophe, tu prends le 8h27?

-          S'il est pas supprimé! Je suis en stage dans le douzième, mieux que La Défense!

-          Et puis, c'est l'occasion de se croiser. Tu vas bien ?

-          Oh ça peut aller, et toi ?

 

DICA 8h26 A l'approche

Les deux hommes se dirigent tranquillement au bord du quai.

-          Oui, Merci. J’ai été faire un peu de bateau pour le week-end de l’ascension, et toi?

-          Ça aurait pu être mieux…

-          Qu’est ce qui t’arrive ?

-          Oh ! Rien de grave, mais j’ai accepté la garde d’un chat pendant une semaine et j’aurais vraiment mieux fait de m’abstenir !

-          Ah bon ? Raconte…

Après avoir appuyé sur le bouton d'ouverture des portes, ils montèrent dans le wagon de tête, filature discrète…

-          Ma voisine m’a demandé de garder son chat, elle partait au club en Tunisie.

-          Cela m’étonne que tu aies accepté, tu n’es pas trop "animaux de compagnie", il me semble !

-          Non, et ce n’est pas prêt de changer. Mais bon, tu comprends ma voisine a emménagé il y a six mois, elle est très mignonne et en plus elle vit seule !

-          Ah ! Ah ! Je vois !!

Aventure suscitant l'intérêt

-          Oui, mais l’animal est complètement dingue. Déjà le vendredi soir, lorsqu’elle l’a sortit du panier, il a bondit comme un diable et s’est réfugié sous le buffet de la cuisine. Je me suis dit que c’était normal, qu’il était apeuré, j’ai même proposé à Nadia (c’est ma voisine) de rester un instant pour prendre un verre, histoire que le chat s’habitue un peu.

-          Je te reconnais bien là, tu ne perds pas une occasion !!

Le jeune homme sourit d'un air entendu et sûr de lui poursuivit son récit.

-          Elle avait déposé sa gamelle dans la cuisine et lorsqu’elle est partie, je lui ai déposé quelques croquettes que Nadia m’avait apportées. Et bien, il n’est pas sorti de sa planque de toute la soirée. Je ne m’inquiétais pas trop, je me disais qu’il mangerait pendant la nuit, au calme. Et le lendemain matin, la gamelle était intacte, pas une seule croquette n’avait disparu. J’ai commencé à flipper. Si le chat devenait anorexique, j’appréhendais la réaction de Nadia.

-          Oui, et puis dans ce cas, pas question d’espérer avec la fille, nada de Nadia !! Ah ! Ah

-          D’accord, mais c’est pas seulement ça, quand tu t’engages à t’occuper de quelque chose ou d’un animal, il faut que tout se passe bien.

-           Surtout si tu voulais conclure! Tu devais lui prouver que tu étais l'homme de la situation, un homme qui assure.

-          Pff…

-          Oh, je déconnais, allez continue…

-          J’ai donc regardé sous le buffet, il y était toujours, dis donc ! Alors, j’ai essayé de l’appeler, je miaulais à quatre pattes sur le carrelage de la cuisine, c’était d’un ridicule ! Enfin, au bout d’un moment, j’ai laissé tomber, il n’arrêtait pas de cracher et de me souffler dans les bronches !

-          Et après ?

-          Le samedi après midi, je suis sorti, j’avais rendez-vous avec des potes et le soir quand je suis rentré, assez tard finalement, puisqu’on s’est fait une toile et une pizzeria, le matou avait la gueule dans sa gamelle. Enfin ! j'étais soulagé, je ne serais pas la cause de la perte de poids de l’animal. Quand je suis rentré dans la cuisine, il a bondi en hurlant comme si je l’égorgeais et s’est précipité dans le salon. Il s’est accroché aux rideaux, a grimpé jusqu’en haut et s’est mis à faire le funambule sur la tringle !!

-          Qu’est-ce que tu as fait ?

-          Rien, je suis allé me coucher en fermant la porte de ma chambre, car je n’étais pas trop rassuré en fait, il me semblait de plus en plus bizarre.

-          Et cela s’est terminé comment ?

-          Oh attends, ce n’est pas fini ! Le lendemain matin, le dimanche donc, je me suis levé vers midi, je ne l’avais pas entendu et j’ai pu faire la grasse matinée. La gamelle était vide, je l’ai remplie, mais je ne l’ai pas vu de la journée, j’ai regardé des DVD et flemmardé, j’étais bien tranquille et je n’ai pas osé le chercher. Le lundi, je suis allé au boulot et donc me suis pas occupé du chat. Le soir, en rentrant je me suis affalé sur le canapé comme d’habitude. Manque de chance, il était installé derrière le coussin, je ne l’avais pas vu et curieusement, il n’avait pas bronché à mon arrivée. Il a détalé à une vitesse! Plus fort que Speedy Gonzales, il courait dans tous les sens en se cognant aux murs pour finir par s’aplatir comme une crêpe sous la cuisinière ! C’était un truc de fou ! T’imagines, cinq centimètres d’espace entre le sol et l’appareil.

-          Incroyable, comment a-t-il réussi cet exploit ?

-          Aucune idée ! Une métamorphose, sans doute ! Enfin un peu plus tard, avant d’aller me coucher, j’ai entendu des miaulements à te faire froid dans le dos. Je me suis vite rendu compte qu’il était coincé, il ne pouvait plus ressortir, ni faire un seul mouvement.

-          Oh, la galère !

-          Tu l’as dit ! Alors, j’ai manœuvré afin de soulever la cuisinière. A une heure du mat, tu vois un peu le tableau ? En plus, je ne te cache pas que je ne fais pas le ménage tous les jours. Sous la cuisinière c’était dégueulasse, et tout poisseux ! Le pire, c’est que plus j’essayais de le faire sortir plus il se blottissait dans le coin du mur et puis j’avais peur de lui faire mal ! Finalement après moult péripéties, j’ai réussi à le faire sortir, il a cavalé à nouveau comme un dingue à travers tout l’appartement comme s'il avait ressenti  les prémisses d'une catastrophe naturelle annonçant la fin du monde!

-          Et alors?

Ce train sera direct de Maisons-Alfort à Paris Gare de Lyon

-          Le lendemain matin, pas de trace du matou, mais j’avoue que je ne l’ai pas vraiment cherché. En réalité, je ne l’ai pas vu les deux jours suivants. Le mercredi soir, j’avais prévu de ressortir. Tu me croiras, si tu veux, mais j’ai eu la peur de ma vie, le plus grand hurlement qui est sorti de ma gorge ! Lorsque j’ai pris mon manteau dans la penderie, la bête a soufflé craché puis s’est jetée sur moi toutes griffes dehors. Il était installé sur les cintres!… Tiens regarde, se justifia-t-il en dévoilant le haut d’une de ses épaules balafrée. Complètement givré ce chat ! Je commençais vraiment à en avoir assez. J’angoissais à l’idée de rentrer chez moi. Le jeudi c’était férié, j’ai bullé un peu le matin et j’ai joué à la console toute l’après midi. J’avais de la chance, pas de matou à l’horizon, il faisait beau, chaud, c’était cool, j’avais ouvert les fenêtres du salon qui donne dans la cour, j’étais concentré sur mon jeu et avais oublié le monstre.

-          Il s’était un peu calmé ?

-          Tu parles, je tapotais sur la console comme un fou, et le chat a du s’exciter tout seul, avoir une hallucination, imaginer des minis souris à la place de mes doigts tremblotant nerveusement sur le joystick, enfin je ne sais pas et peu importe car il  m’a sauté dessus en me labourant le dos des mains, vise un peu le résultat !

-          Putain, mais elle est folle ta voisine !

-           Tu ne crois pas si bien dire !  Attends, j’ai pas fini. Cette fois, c’était le pompon ! J’en avais ras-le-bol, je l’ai balancé par terre, il a rebondit sur ses pattes et s’est précipité vers la fenêtre ouverte. Il a sauté par-dessus le rebord et s’est enfuit dans la cour.

-          Et il est revenu ?

-          Je pensais qu’il le ferait, histoire de me pourrir encore un peu la vie. Sauf qu’il n’est pas revenu. Je me suis inquiété. Je t’assure que j’ai fouillé partout dans l’appartement, dans la cour, la cage d'escalier. Rien ! Et il n’était pas là quand Nadia est revenue le samedi après-midi. Il avait disparu. J’avais vraiment les boules, j’ai culpabilisé à mort, je ne savais pas comment lui expliquer.

-          Je comprends mais, à ce degré de folie féline, on peut dire que tu as des excuses! Comment s’appelle-t-il ce maudit chat ?

-          Ah oui, je ne t’ai pas dit, t’y crois pas : Lucifer !

-          Non ! J’hallucine !

-          C’est presque un gag, une caméra cachée…

-          Et Nadia alors ?

-          J’ai bien dû tout lui raconter en détail, je lui ai montré les griffures et lui ai expliqué que les chats avait parfois des difficultés pour changer leurs habitudes, mais elle a rétorqué qu’elle l’avait laissé plusieurs fois chez sa mère. Puis, j’ai fini pas lui dire qu’il avait disparu.

-          Et comment a-t-elle réagi ?

-          Et bien curieusement, elle n’avait pas l’air en colère plutôt un regard… fataliste, triste mais fataliste, c’est cela.

-          Bon ça va, tu t’en es bien sorti.

-          Mieux que tu crois ! Parce que le comble, le fin du fin, l'insensé, s'écria-t-il en levant son index  devant son visage…

-          Quoi ?

-          J'ai tenté une explication pour me disculper, je n'avais pas tous les torts, ce chat avait été perturbé du changement de lieu, il aurait sans doute préféré être en pension chez sa mère. D'ailleurs, je  lui ai demandé, pourquoi cette fois ne l’avait-elle pas gardé? Elle m’a répondu qu’elle était à l’hôpital. La gaffe ! J’ai voulu rattraper le coup en lui répondant que j’étais sincèrement désolé et l'ai encouragée à relater ce qui lui était arrivé, histoire de changer de conversation. Tu ne devineras jamais ce qu’elle m’a répondu !

-          Je donne ma langue au chat, ah, ah, ah ! Dis-moi !

-          Lucifer l’avait griffée à l’œil la dernière fois !

 

 

Par Lili - Publié dans : J'te raconte pas! - Communauté : Transports urbains
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Mercredi 9 juillet 2008 3 09 07 2008 23:37

-          Ça y est, lança-t-il désabusé, c’est officiel, on est racheté.

-          Oh merde, c’est qui alors ?

Les deux hommes d'une petite quarantaine d'années, montèrent dans un des wagons de la rame qui s'avançait sur le quai. Le plus grand, avait un sourire rieur et un début de calvitie marquée, il portait en bandoulière une sacoche qui lui barrait la poitrine en plissant sa veste en jean. Le plus petit, un peu maigre à mon goût était rasé de si prêt que des perles de sang grêlaient ses joues pâles. Il tenait à la main un étui de cuir noir contenant probablement un ordinateur portable. Direction bureau pour ces deux-là comme la grande majorité des voyageurs de ce train.

-          C’est le groupe LPgum.

-          Tu t’en doutais, non ?

-          Oui, bien sûr, depuis septembre. Les rumeurs sur les protocoles de vente en cours ont filé bon train. Même si, bien sûr, un démenti a été communiqué, je te raconte pas les tensions au sein des services, l’ambiance de paranoïa qui régnait, l’horreur ! Et puis, en février, la rumeur s'était métamorphosée en information officielle. Ils nous prennent vraiment pour des cons.

Je les suivis à l'étage supérieur et m'installai non loin d'eux. Ils parlaient assez fort et distinctement pour que je parvienne à suivre parfaitement leur conversation.

-          Alors comment les choses se profilent ? Tu vas bouger?

-          Non, nos locaux sont bien placés. On a dû faire de la place dans nos bureaux pour accueillir gentiment nos "invités", comme s'ils étaient chez eux. Tu parles! On les appelait les colons! La déprime totale.

-          C'est gai!

-          Alors pour remonter le moral des troupes, ils ont trouvé une grande idée ! Une nouvelle devise, un plus un égal trois, t’y crois, toi ?

-          Mouais! Je crois surtout qu’il a un problème avec les maths ! C’est une nouvelle règle de calcul ?

-          L’idée est totalement révolutionnaire, reprit-il sur un ton sarcastique, une entreprise plus une autre entreprise, ce n’est pas une absorption, mais plutôt une fusion pour créer encore une autre entreprise en regroupant toutes les compétences et favorisant la pluralité afin d’en créer trois !

-          Reconnais que ce n’est pas une mauvaise idée.

-          Oui, en théorie, mais c’est toujours une belle théorie soporifique. Peu de temps après, de nouveaux protocoles sont tombés sans concertation, des processus et des tâches modifiés sans être prévenus au préalable et tout cela avec le sourire et avec un nouveau concept d’entreprise : Mieux vaut avoir tort rapidement que avoir raison lentement.

-          Jolie formule en effet, ironisa son interlocuteur. Ça donne quoi en pratique?

-          On travaille avec un seul objectif, faire du fric, le seul, unique et valable. L’idée d’avoir des collaborateurs qui adhèrent à un projet d’entreprise et ont du plaisir à travailler est secondaire voire absolument inintéressant. La stratégie est d’arriver en ami afin de mieux te flinguer quelque temps plus tard. Tu connais le film Mars attaque ?

-          Oui, très drôle !

-          Et bien c’est le même principe, mais en moins drôle. On vient en ami et on te bouffe dès que tu as le dos tourné. Le grand jeu de la manipulation. Ils ont quand même osé nous dire qu’il n’y aurait pas de plan social.

-          Ils en ont fait un ?

-          Non, pas officiellement, mais depuis un an, vingt cinq pour cent de départs.

Ce train est terminus gare de Lyon, tous les voyageurs sont invités à descendre… Terminus gare de Lyon, ce train ne prend plus de voyageurs.

-          Des licenciements ?

-          Oui, on les a bien poussés dehors

-          Alors où en es-tu aujourd’hui ?

-          Je sais pas trop! J'ai fais l'autruche au début, mais là, c'est fini, j'ai ouvert ma gueule…

Les deux hommes se levèrent et descendirent de la rame en poursuivant leur conversation devenue inaudible pour mes oreilles curieuses…. Son affaire se présentait mal, et la mienne aussi,  je m'engouffrai encore plus loin vers les profondeurs, rejoignant la correspondance du RER A.

Par Lili - Publié dans : J'te raconte pas! - Communauté : Transports urbains
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