A Propos De Lili Dans Le Métro

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  • : Tout comme moi, vous empruntez chaque jour le métro ou le RER, vous êtes agacés des retards intempestifs, lassés des incidents techniques, épuisés par la foule et les bousculades... Envie de crier "assez"? Envie d'en rire? Découvrez alors le regard de Lili dans le métro, des mots et des photos...
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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 00:01
Aujourd'hui, un nouveau jour et pourtant l'histoire se répète, le quai est bondé à Charles de Gaulle Je n'ai pas pu monter dans la première rame de métro, me voici à présent sur le bord du quai, prête à sauter… non pas sur la voie… quoique, la folie pourrait me tenter… Sauter dans la prochaine…
En attendant, je me repais des affiches de pub placardées sur la paroi en face de moi. Et pour une fois cela ne me déplait pas de les admirer. Johnny Depp, sous les traits de Jack Sparow, me lance un sourire charmeur…, j'imagine, mon sourire niais. Oups, je me ressaisis!
Le train, tant attendu arrive enfin, en soulevant une énorme masse d'air malodorante, chaude, moite, caoutchouteuse, cheveux barrant le visage, poussières dans les yeux, visage grimaçant… Les épaules, les dos et les visages écrasés contre la vitre ne sont pas très engageants. Espérons que nombre de voyageurs soient prêts à descendre pour nous céder leur place. Après avoir laissé un mince espace pour la descente des passagers, nous nous engouffrons tous en même temps dans l'espace réduit, le contrôle de la situation m'échappe complètement. Je suis projetée face à la barre métallique au milieu du wagon. Un peu coincée mais malgré tout calée, les corps serrés les uns contre les autres, je plaque mon sac contre mon ventre pour limiter la tentation des pickpockets. Je sens un sac sous ma fesse gauche, un coude sous mon sein droit. Je suis encerclée par tous ces corps collés au mien, bousculée par le mouvement des autres, envahie par les souffles courts, l'haleine fétide, la transpiration immonde à vous dégoûter de la chaleur humaine. …
Cette promiscuité me répugne.
Soudain une sensation étrange frissonne en moi. Le mouvement imperceptible d'un corps au-dessus de mes reins. Un mouvement nullement synchronisé avec celui du train. Il est plus rythmé, plus régulier, plus pressant, et maintenant plus rapide. Une idée abjecte sursaute dans mon crâne, mon estomac se comprime cruellement. Certes la promiscuité de la situation engendre un contact proche voire intime avec les co-voyageurs, les mouvements deviennent incontrôlables, insignifiants sans doute.
Cette fois, le sens de ce mouvement ne m'échappe en aucune façon. Je tente de me mouvoir afin de me positionner de profil, mais la barre m'en empêche et mon épaule est coincée par cette grande femme à lunettes. Parfois une main, une épaule, touche par inadvertance des parties d'un corps. Un soir en rentrant, je n'ai pas prêté attention à ce qui était en contact avec une de mes fesses. J'imaginais une sacoche, un cabas, une mallette, puis peu à peu, j'ai réalisé que le contact d'un sac ne serait pas aussi rond et moelleux. Choquée je me tournai et levai la tête. Mais le type d'une tête de plus que moi, n'a pas bronché et a conservé son air supérieur et innocent l'air de ne pas y toucher. L'expression était adéquate. Mais comment pouvais-je savoir si c'était intentionnel ou pas?
Cette fois, aucun doute. Ce mouvement, ce frottement… J'hallucine ou bien ce corps se frotte au mien? Cet homme derrière moi frotte son bas-ventre sur mes fesses certes rebondies! J'en ai  à cet instant la certitude absolue, je sens son souffle haletant dans ma nuque. Indécent! Comment peut-on oser profiter de la situation à ce point, quel manque de respect! Un haut-le-cœur me surprend dans la gorge puis la nausée me submergea instantanément. Je ne pouvais pas bouger, c'était affreux. Prise au piège, je tentai de me déplacer, en vain. Je réussis tout de même à tourner la tête pour croiser son regard de bovin et tenter de le stopper dans ses ardeurs. Rien à faire, il ne me regardait pas, ne me voyait pas, je n'étais qu'un corps répondant à ses fantasmes. Une personne, un individu, de quoi parle-t-on? J'eus envie de hurler et me suis malgré tout contrôlée, je ne souhaitais pas faire de scandale, je voulais juste qu'il arrête qu'il s'éloigne de moi. La fuite!
Je dis poliment, trop poliment:
- Monsieur, s'il vous plaît, je vous prie de cesser vos gestes obscènes.
- Pardon, me répondit-il d'un air souriant et avenant. Innocent celui-là aussi! Il aurait pu faire comme si rien n'était intentionnel et s'excuser. Au lieu de cela, son regard confirmait son pouvoir et tentait de me rendre complice de son comportement. Cela me mit en rage. Aussi, haussant la voix, puisque, visiblement, il me prenait pour une idiote, j'ajoutai:
- Vous profitez de la situation, vous êtes un porc, c'est scandaleux.
Et puis, gentiment, en jetant un regard à la ronde afin de prendre les voyageurs à témoin, il me lança: - Je vous en prie Mademoiselle, je suis désolé de vous décevoir, vous vous trompez, vous prenez vos désirs pour des réalités.
Gonflé en plus le mec!
Par chance nous arrivions à la station, un mouvement de foule me permit de me retourner, toute mon indignation et mon dégoût se métamorphosèrent en une énergie bienvenue, je lui assenai une gifle magistrale.
- Oui, vous avez raison, la meilleure défense c'est l'attaque. Je sortis la tête haute, j'avais ma dignité, j'en avais pris plein la poire, et lui, avait la marque de mes doigts sur sa joue écarlate!

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commentaires

dib 18/11/2008

pas de doute, la baffe elle était bien réelle...

Camille 23/11/2008

Mais quel C******, S****. Il méritait au moins un aller-retour ;)

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