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Lili Dans le Métro

Accident

20 Mai 2014 , Rédigé par Lili

Hier soir, de longs retards en gare de Lyon suite à un accident voyageur.

Ce matin j'apprends alors qu'un grave accident s’est produit hier vers 15 h 35, en gare de Villiers-le-Bel-Gonesse-Arnouville (Val d'Oise). Un homme, a été percuté par une rame du RER D, qui circulait en direction de Paris. Il traversait les voies.

On se demande toujours pourquoi il traversait les voies, on sait que c'est hyper dangereux. Et pourtant cela ne m'étonne pas. J'ai vu un jour lors d'un arrêt total d'un train sur la ligne, la totalité des voyageurs être "invités" à descendre du train. Résultat le quai était envahi, jusqu'à coincer fortement dans le passage souterrain afin d’accéder à un autre quai sur lequel un nouveau train allait arriver. La transhumance dans le passage souterrain, était plutôt aléatoire, aucune certitude d'accéder au quai d'en face. Alors un type est descendu sur les voies et a traversé... et puis comme par magie, son comportement a déclenché une réaction en chaîne et plusieurs l'ont imité... C'était fou!! Le passage d'un train aurait provoqué une hécatombe. Pourtant un personnel de la SNCF m'avait affirmé un jour qu'il existait un système de sécurité qui bloquait les trains dans ces circonstances.

Je m'interroge... Pourquoi le système de sécurité n'a pas fonctionné?

Je m'interroge encore lorsque je lis l'information cruciale qui change tout sur cet homme: il "avait ses écouteurs sur les oreilles quand le drame s’est produit, ce qui «laisse penser qu’il ne s’agit pas d’un acte volontaire», indique une source policière. " mais on n'en sait rien!! Comment savoir à priori s'il ne l'a pas fait exprès et ne pas vouloir entendre le train arriver...

Je m'interroge aussi sur l'information communiquée: "30 minutes de retard" ? A 19h des perturbations étaient encore de mise...

Je m'interroge à nouveau... Je constate que les incidents voyageurs et les accidents graves sont très fréquents. Quelles en sont les raisons?

Y aurait il un sociologue pour faire une étude sur les transports en commun et leurs voyageurs? Je participerai bien à cette étude d'ailleurs... j'aimerais comprendre, j'aimerais imaginer des transports super cool, qui donnent envie de vivre et nous rendent heureux.

Quoi ? Qui a dit tu rêves ma pauvre?

Mais heureusement qu'il nous reste le rêve....

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Miaou 23/07/2014 21:07

C'était au printemps dernier et ma fille avait oublié d'emporter pour l'école ses crayons de couleurs, ou bien ses feutres, je ne sais plus trop. Heureusement qu'entre Paris et Cachan, les s.m.s. passent bien. J'avais le temps, et bien que râlant vaguement sur l'oubli de mon troisième enfant, fatiguée par 1h30 de transports par jour pour aller au collège en 6ème, et par des devoirs-maison à rallonge, conséquences de sa dyslexie, j'attendais sur le quai le RER B qui ne devait par tarder à arriver en ce milieu de matinée. Peu de monde, peu d'attente, l'instant était rêvé, et je m'attachais à finir le texte commencé, les yeux rivés sur l'écran du portable, car le train entrait déjà en gare, d'un coup d'oeil je l'avais observé.
Soudain le train cornait sans retenue aucune tandis que les freins des wagons crissaient d'un bruit épouvantable, couvrant tout bruit, et me faisant lever le nez de mon texto inachevé. La motrice était arrêtée au 1er tiers du quai, en avant de ma propre position, de telle sorte que je vis la panique du conducteur qui tenait le volant à sa façon de se lever pour céder sa place au deuxième chauffeur qui s'y précipitait. Ne comprenant à cet instant la gravité de la situation, je tournais calmement le visage vers ma voisine de droite en suggérant :" C'est un train-école ? Il a eu peur des voyageurs ?", avant de redescendre de mon nuage virtuel pour écouter le silence du quai malgré la présence des usagers de la gare.
Humour condescendant de la voyageuse qu'aucun drame cheminot n'avait jamais atteinte. Ce silence. Malgré les personnes regroupées sur le quai. L'absence de mouvement. Ou si peu. L'impression d'un ralenti. Nous attendons. Nous gardons nos questions. Que se passe-t-il ? Je questionne. Doucement, un air d'incompréhension visitant son regard, ma voisine me dit avoir vu un homme sauter sur la voie. Naturellement. Simplement pour traverser pense-t-elle.
Des jeunes gens, occupés, réactifs, et moins sensibles aux drames humains que leurs aînés me semble-t-il, s'en retournent d'un pas rapide vers leurs affaires. Si le RER B est bloqué en gare d'Arcueil - Cachan, alors ils prendront le 187 pour la Porte d'O - comprenez, pour les moins jeunes, la Porte d'Orléans - ou le 162 vers Villejuif ou Bagneux, allez savoir ! La plupart des arpenteurs du quai Cachan - Paris font encore du surplace car ne sachant que faire, abasourdis par le choc qu'on n'a pas entendu, que quelques rares personnes sans doute ont vu. Annonce dans la gare. Ce que les hauts-parleurs ont crachouillé je ne m'en souviens pas. Le train ne repartira pas. Les portes des premiers wagons libèrent leurs prisonniers. Je repars lentement vers l'entrée du quai. C'est rarement que je prends ce passage à rebours. En dépassant la tête de train à pas comptés, pas compassés, compatissants, je regarde les roues ne voyant aucune trace de l'homme. L'homme écrasé, écrabouillé, comment n'a-t-il ni vu ni entendu le train qui arrivait ? J'ai une pitié immense pour ce conducteur dépourvu de moyen devant l'inéluctable. Chacun sait ici-bas que chaque véhicule pour une vitesse donnée, la plus faible soit-elle, est assujetti à une distance de freinage, distance inébranlable qu'aucune volonté ne pourrait infléchir. Alors désespoir, suicide ? Jeunesse, insouciance, baladeur ? Plutôt.

Les premiers sortis des wagons sont déjà en descente vers la rue Carnot. Alors les portes des wagons n'ayant atteint le quai et desservant la voie s'ouvrent. Le train dégueule son chargement de vies humaines par tous ses pores. Ni guerre ni fiction. Ces piétons sur la voie sont les témoins aveugles, involontaires, du drame dont ils ne sauront rien.

Le promeneur a achevé sa déambulation sous les roues de ce train. Il a suivi une voie qui lui était contraire. En bas des immenses escaliers qui mènent à la hauteur du quai, encore sonnée, je regarde les camions de pompiers arriver au tunnel d'entrée en me demandant à moi-même où je vais. Face à moi la rue de la Coopérative me rappelle que ma voiture y est hébergée en zone bleue, tandis que j'aperçois un maire-adjoint traverser vers le lieu du drame.

Ma fille n'aura pas ses crayons, peu importe maintenant.

Lili 23/07/2014 23:30

Merci Miaou pour ce commentaire...qui n'en est pas un, je le déclare donc promu et intégré aux histoires de Lili dans le métro... dans la catégorie Drames... Et il y en a eu des drames de ce genre malheureusement...

Miaou 23/07/2014 19:18

Heureusement que tu rêves, ma belle !

dibo 30/06/2014 19:19

On a souvent cité la route et ses morts inutiles, il ne faudrait pas que le train parte sur la même pente, même si le mot incident ne révèle pas la gravité des accidents ....